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Filtre à sable vs. filtre à cartouche

Les deux filtres de piscine habituels comparés : la finesse de filtration de chacun, le contre-lavage face au tuyau, l’eau et l’argent que chacun coûte, et à qui chacun convient.

· Mis à jour

Un filtre à sable et un filtre à cartouche nettoient l’eau à peu près aussi bien ; ce qui les différencie vraiment, c’est l’entretien du filtre lui-même. Dans un filtre à sable, la pompe pousse l’eau de haut en bas à travers un lit de sable calibré dans une cuve, et les impuretés restent dans le sable. Dans un filtre à cartouche, l’eau traverse un tissu de polyester plissé enroulé autour d’un noyau, et les impuretés restent sur le tissu. L’un se nettoie en faisant passer de l’eau à contre-courant pendant quelques minutes, l’autre se retire et se rince au jet.

Celui qui vous convient dépend moins du chiffre en microns indiqué sur la notice que de quatre questions simples : ce que votre piscine récolte, ce que vous coûte l’eau, où l’eau sale a le droit d’aller, et si vous préférez tourner une vanne ou tenir un tuyau. Aux États-Unis, on trouve les deux dans la même rue. En Europe, un bassin enterré reçoit presque toujours un filtre à sable avec une vanne multivoies, et la cartouche se retrouve plutôt sur les piscines hors-sol et les petits bassins. Chacune de ces habitudes a du sens là où elle est née.

les particules les plus fines qu’un lit de sable propre retient généralement
20–40 µmles particules les plus fines qu’un lit de sable propre retient généralement
la même chose pour une cartouche plissée
10–20 µmla même chose pour une cartouche plissée
durée de vie habituelle du sable filtrant ; le média en verre dure souvent plus longtemps
5–7 ansdurée de vie habituelle du sable filtrant ; le média en verre dure souvent plus longtemps
durée de vie habituelle d’une cartouche, selon sa taille et la charge qu’elle reçoit
1–3 saisonsdurée de vie habituelle d’une cartouche, selon sa taille et la charge qu’elle reçoit

En un coup d’œil

Filtre à sableFiltre à cartouche
Retient les particules jusqu’à~20–40 microns ; plus fin avec le verre~10–20 microns
NettoyageContre-lavage : tourner la vanne, 3 minutesSortie et rinçage au jet, 20 minutes
FréquenceToutes les 1 à 2 semaines en saisonToutes les quelques semaines, plus un trempage
Eau par nettoyage300–1000 l, à l’égoutCe qu’utilise le tuyau de jardin
Ce qui s’useSable tous les 5–7 ans, verre plus longtempsCartouches toutes les 1–3 saisons
Feuilles, pollen, printemps vertLes encaisse sans problèmeSe colmate vite ; prévoir un jeu de rechange
À l’achatGénéralement la cuve la moins chèreGénéralement plus cher, et les cartouches reviennent
Idéal pourLa plupart des piscines familiales, arbres, peu d’entretienPetits bassins, eau chère, pas d’égout à proximité

Comment chacun retient les impuretés

Le filtre à sable travaille en profondeur. L’eau entre par le haut de la cuve, se répartit sur un lit de sable filtrant spécialement calibré (le plus souvent du sable de quartz de granulométrie 0,4–0,8 mm), puis ressort en bas par des crépines fendues. Les impuretés se logent entre les grains sur toute la hauteur du lit, pas seulement en surface. Un lit propre retient les particules jusqu’à environ 20 à 40 microns, et il s’améliore à mesure qu’il se charge, car les impuretés piégées rétrécissent les interstices ; c’est pourquoi un contre-lavage fait par habitude rend l’eau plus trouble plutôt que plus claire. Le média en verre, du verre recyclé concassé qui remplit la même cuve à la place du sable, est annoncé plus fin par ses fabricants, souvent 10 microns ou mieux.

La cartouche travaille en surface. L’eau traverse le tissu plissé de l’extérieur vers l’intérieur, et le tissu retient les particules jusqu’à environ 10 à 20 microns. Les plis logent une surface de tissu étonnamment grande dans un petit boîtier, et c’est cette surface que vous achetez en réalité : une cartouche généreusement dimensionnée pour le bassin tient des semaines entre deux nettoyages, tandis qu’une cartouche sous-dimensionnée se colmate après un week-end chargé.

Ce que ces chiffres signifient dans l’eau : autour de 40 microns, l’œil ne distingue plus les particules une à une, si bien que les deux filtres donnent une eau claire. Le chiffre plus fin de la cartouche se traduit par un peu plus de brillance, pas par la différence entre une eau trouble et une eau claire. Une eau trouble tient presque toujours à l’équilibre chimique ou à un renouvellement insuffisant, et aucun filtre ne corrige l’un ou l’autre à lui seul.

Le nettoyage du filtre, et à quoi ressemble un samedi

Le filtre à sable se nettoie par contre-lavage, et le manomètre indique le moment : dès qu’il affiche environ 0,3–0,7 bar au-dessus de la valeur relevée avec un filtre propre, selon le chiffre donné par le fabricant. Coupez la pompe, mettez la vanne multivoies (6 voies) sur « Lavage », faites tourner la pompe deux à trois minutes jusqu’à ce que le voyant devienne clair, coupez la pompe, passez sur « Rinçage » pendant une demi-minute pour que le lit se tasse, puis revenez sur « Filtration ». Cela prend cinq minutes et vous ne touchez jamais aux impuretés. En plein été, c’est toutes les une à deux semaines ; après un orage, une fête ou l’ouverture de printemps, ce sera plus tôt.

Le filtre à cartouche se nettoie à la main. Coupez la pompe, ouvrez la purge d’air, défaites le collier ou le couvercle, sortez la cartouche et rincez-la au jet par le haut, pli par pli, avec un embout en éventail plutôt qu’un nettoyeur haute pression, qui effiloche le tissu. Remettez-la en place, refermez, purgez l’air et redémarrez. Comptez vingt minutes et des chaussures mouillées. Toutes les quelques semaines en saison est habituel, et une ou deux fois par saison, la cartouche demande un trempage d’une nuit dans un produit nettoyant pour cartouches, afin d’éliminer la crème solaire et les huiles corporelles que le jet ne suffit pas à enlever.

L’habitude à laquelle tout propriétaire de filtre à cartouche arrive tôt ou tard, c’est le second jeu de cartouches. Échangez la cartouche sale contre la propre, et rincez et trempez la sale quand cela vous convient, plutôt qu’avec la pompe arrêtée et le bassin qui attend. Cela répond aussi à la seule vraie contrainte pratique : le rinçage au jet se fait à l’extérieur, et si le local technique est au sous-sol, cela veut dire monter une cartouche qui goutte par l’escalier.

Pour l’hivernage, les deux se séparent une nouvelle fois. Le filtre à sable se contre-lave, se vidange par le bouchon situé au bas de la cuve, et on laisse sa vanne en position « Hiver » si elle en a une ; le sable reste en place. La cartouche se retire, reçoit son nettoyage en profondeur et passe l’hiver au sec, à l’intérieur — c’est aussi le moment où l’on découvre si elle tiendra une saison supplémentaire.

L’eau qui part à l’égout

Le contre-lavage est le seul vrai coût du filtre à sable. Chaque contre-lavage envoie tout le débit de la pompe à l’égout pendant deux ou trois minutes, généralement 300–1000 litres selon la taille du filtre et de la pompe. À raison d’une fois toutes les une à deux semaines sur un été, cela représente 3–15 m³ par saison : de l’eau que vous payez, puis que vous réchauffez et traitez à nouveau. Ne contre-laver que lorsque le manomètre l’indique permet de limiter ce volume ; rien ne le ramène à zéro. Le rinçage d’une cartouche demande dix à quinze minutes de tuyau de jardin, toutes les quelques semaines plutôt que chaque semaine, et le bassin lui-même ne perd rien : aucune eau chaude et traitée n’en sort.

L’endroit où l’eau de contre-lavage peut aller est une question de réglementation locale, à vérifier avant de choisir. Elle contient du chlore et tout ce que le filtre a retenu, si bien que beaucoup d’endroits exigent qu’elle rejoigne le réseau des eaux usées plutôt qu’un égout pluvial, la rue ou le jardin du voisin. Là où l’eau est rare, le contre-lavage lui-même est le meilleur argument en faveur de la cartouche, qui n’en a pas besoin. Si le local technique se trouve plus bas que la conduite d’évacuation, le contre-lavage doit être relevé par une pompe. Un filtre à cartouche n’a besoin d’aucun raccordement à l’égout, juste d’un robinet et d’un endroit à l’extérieur pour le rincer.

Le contre-lavage n’est pourtant pas une pure perte. Pour beaucoup de bassins, c’est le seul renouvellement d’eau régulier qu’ils reçoivent. Un bassin qui n’est jamais contre-lavé ne se dilue jamais, et si vous utilisez des galets de chlore stabilisé, le stabilisant, l’acide cyanurique, s’accumule tout au long de la saison jusqu’à ce que le chlore ne travaille plus bien ; tôt ou tard, une partie de l’eau doit de toute façon être renouvelée. Si vous avez une cartouche et des galets, pensez à mesurer l’acide cyanurique. Avec une électrolyse au sel ou du chlore non stabilisé, cela compte beaucoup moins.

Une épuisette posée contre la margelle, à côté du câble d’un robot et d’un couvercle de skimmer soulevé.

Ce qui s’use, et ce que cela coûte

Le filtre à sable use deux choses : le sable et la vanne. Le sable filtrant tient cinq à sept ans avant que ses grains ne s’arrondissent et qu’il ne commence à se compacter ou à créer des chemins préférentiels ; le remplacer prend un après-midi avec un aspirateur eau et poussières. Pour la plupart des cuves résidentielles, cela représente environ 30 à 150 € de sable, ou plusieurs fois ce prix pour un média en verre. La garniture en étoile de la vanne multivoies s’use elle aussi : si la vanne laisse encore filer de l’eau vers l’égout en position « Filtration », c’est en général elle qu’il faut changer, et la garniture coûte peu, contrairement à une vanne entière.

Le filtre à cartouche use la cartouche. Elle tient une à trois saisons, selon sa taille par rapport au bassin, ce qu’elle doit retenir et la façon dont on en prend soin, et elle est bonne à changer quand le tissu s’effiloche, qu’un embout se fissure, ou qu’elle ne retrouve plus sa pression de départ après nettoyage. Une cartouche de remplacement coûte environ 50 à 200 € pour un grand élément unique, ou plusieurs centaines d’euros pour le jeu de quatre éléments que prend un gros filtre, selon la marque. Sur dix ans, cela revient d’ordinaire plus cher que le sable, et le second jeu de cartouches entre lui aussi dans le calcul.

Sur le seul plan financier, les deux sont plus proches que chaque camp ne le reconnaît. Le filtre à sable est en général la cuve la moins chère à l’achat, et un peu moins chère à l’usage. La cartouche en récupère une partie là où l’eau et l’assainissement coûtent cher, et avec une pompe à vitesse variable : une cartouche propre et l’absence de vanne multivoies offrent moins de résistance à la pompe, ce qui se voit sur la facture à basse vitesse, et à peine sur une pompe à vitesse fixe.

Feuilles, pollen et un printemps vert

C’est face aux grosses charges que le sable fait sa réputation. Le lit a beaucoup d’espace entre ses grains et redevient propre en trois minutes, si bien qu’un bassin sous des chênes en octobre, une semaine de pollen en mai ou un bassin verdi à l’ouverture n’est qu’un désagrément, pas une crise : on filtre, on contre-lave, on filtre à nouveau. La cartouche affronte la même charge avec une surface qui se colmate. Éliminer une poussée d’algues avec une cartouche peut vouloir dire la sortir et la rincer chaque jour jusqu’à ce que l’eau redevienne claire, et les algues mortes et les huiles sont justement ce qui raccourcit la vie d’une cartouche.

La vanne multivoies a un autre usage que l’on apprend à apprécier. Sa position « Égout » envoie directement à l’évacuation ce que l’aspirateur ramasse, sans passer par le sable, ce qui permet de retirer un dépôt important, ou un floculant qui s’est déposé pendant la nuit, sans encrasser le filtre. Un filtre à cartouche n’a pas cette position, sauf si le plombier ajoute une vanne pour cela, et le floculant ne doit jamais passer par une cartouche : il colle les plis entre eux.

C’est face aux faibles charges que la cartouche brille. Un bassin à ciel ouvert, couvert la plupart des nuits et nettoyé par un robot de piscine, lui laisse peu à retenir, et une cartouche bien dimensionnée tient alors plusieurs semaines en polissant l’eau un peu plus brillante que le sable. Si votre bassin est sous des arbres et rouvre vert chaque printemps, le contre-lavage du filtre à sable est la routine la plus indulgente.

Choisissez le sable si… choisissez la cartouche si…

Choisissez le sable si vous voulez le minimum d’entretien manuel, si le bassin est sous des arbres ou a tendance à rouvrir vert, si vous aimez pouvoir passer l’aspirateur en position « Égout » et utiliser un floculant, et si l’eau de contre-lavage a un endroit où elle a le droit d’aller. Ce n’est pas pour rien qu’il s’agit du choix par défaut. Demandez un média en verre à la place du sable si vous voulez une eau plus fine avec la même cuve.

Choisissez la cartouche si l’eau est chère ou si le contre-lavage est restreint chez vous, s’il n’y a pas d’égout près du local technique, ou si le bassin est petit, couvert et nettoyé par un robot, ce qui maintient la charge faible. Dimensionnez-la généreusement, achetez un second jeu de cartouches dès le premier jour, et prévoyez un robinet à portée du filtre. Dans les deux cas, le filtre se dimensionne à partir du volume du bassin et du temps de renouvellement, alors dessinez d’abord votre bassin à l’échelle dans le concepteur gratuit : le volume qu’il indique est le chiffre à partir duquel la pompe et le filtre sont choisis.

Notre avis

Le sable est le choix serein par défaut : tournez une vanne toutes les une à deux semaines, changez un média bon marché tous les cinq à sept ans, et laissez-le encaisser feuilles et printemps vert. Optez pour la cartouche quand l’eau est chère ou le contre-lavage restreint, quand il n’y a pas d’égout près du local technique, ou quand le bassin est petit et peu utilisé, et achetez un second jeu de cartouches dès le premier jour.

Questions fréquentes

Lequel filtre le plus fin, le sable ou la cartouche ?
La cartouche : généralement jusqu’à environ 10 à 20 microns, contre 20 à 40 pour un lit de sable. Un média en verre dans un filtre à sable réduit l’écart. Les deux donnent une eau claire ; la différence se joue sur la dernière touche de brillance, et l’équilibre chimique de l’eau compte plus que l’un ou l’autre filtre.
À quelle fréquence faut-il contre-laver un filtre à sable ?
Quand le manomètre affiche environ 0,3–0,7 bar au-dessus de sa valeur à l’état propre, en suivant le chiffre donné par le fabricant, et non selon un calendrier fixe. En plein été, c’est généralement toutes les une à deux semaines. Contre-laver plus souvent gaspille de l’eau et filtre moins bien, car un lit légèrement chargé retient des particules plus fines.
Combien de temps dure une cartouche de filtre à piscine ?
Généralement une à trois saisons. La rincer avant que la pression ne monte trop, la tremper une ou deux fois par saison dans un produit nettoyant pour cartouches, et disposer d’un second jeu en rotation prolongent tous sa durée de vie. Remplacez-la quand le tissu s’effiloche ou qu’elle ne retrouve plus sa pression de départ après nettoyage.
Puis-je remplacer le sable de mon filtre par un média en verre ?
Dans la plupart des filtres à sable, oui. Le verre remplit la même cuve, filtre plus fin selon les chiffres de ses fabricants et dure généralement plus longtemps. Il est plus léger que le sable à volume égal ; remplissez donc selon la quantité indiquée par le fabricant du filtre pour le verre, pas selon le poids de l’ancien sable.
Et le filtre à diatomées ?
Les filtres à terre de diatomées sont la troisième catégorie : courants dans certaines régions des États-Unis, rares sur les piscines privées en Europe. Ils filtrent le plus fin, jusqu’à quelques microns, mais chaque contre-lavage impose d’ajouter de la poudre de diatomées fraîche, une poussière fine qu’il ne faut pas respirer, et certains endroits réglementent où la poudre usagée peut aller. Pour la plupart des propriétaires, le sable ou la cartouche sont plus simples à vivre.

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